dimanche 31 août 2008

Retour d'Italie, Botticelli


De retour d'Italie, je relis ce blog et suis étonnée de lui trouver ce ton un peu distant, pour ne pas dire hautain... Je devine que cette particularité vient en partie de mon souci d'exactitude, qui me fait parfois tendre à la sécheresse, mais la cause principale en est, bien sûr, une certaine forme de pudeur (j'essaie de me garder du fatras obscène ou dérisoire, mais toujours narcissique, de nombreux blogs). J'espère tout de même que l'usage me permettra de trouver, au fil du temps, la juste tonalité...

L'Italie, disais-je : je croyais connaître déjà Rome et Florence, j'oubliais que je n'y avais fait aucun séjour à l'âge adulte (tout au plus un week-end éclair à Rome en 2000)...
Ces retrouvailles furent donc une (re)découverte pleine et entière, qui m'a permis, au terme de plus d'une année d'épreuves intimes, de revenir à mes passions les plus vraies et les plus solides ; il y a eu, certes, des coups de foudre, des coups de cœur, il y a eu aussi, non pas exactement des retours de flamme, mais des attachements ravivés et confirmés après une période de sommeil...
Ainsi, confirmé à Rome, puis à Florence, mon amour pour Botticelli, dont je m'étais éprise lors de ma précédente visite aux Offices (je devais alors avoir dix-neuf ou vingt ans) ; mais cette fois j'ai été moins impressionnée par les grandes machines (La Naissance de Vénus et Le Printemps) que par la douceur de ces deux tableaux ronds figurant la Vierge, La Madonna del Magnificat et La Madonna della Melagrana.
On accorde volontiers à Botticelli les qualités de la grâce et du raffinement ; il me semble que son travail va au-delà, et qu'un sourd désespoir donne à ses toiles les plus apparemment solaires, ou mondaines, une dimension inquiétante et tragique.
Ses fresques de la Sixtine à Rome ne pâlissent pas de la proximité avec celles de Michel-Ange (dont les figures musculeuses me touchent infiniment moins), même si la juxtaposition de ces deux personnalités si dissemblables ne va pas sans heurt.

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