dimanche 2 novembre 2008

Rome, encore


Je m'étais promis de ne parler ici que de littérature, et je ne m'y tiens pas. Mais c'est sans regret : en vérité, tout ce qui me fait vibrer nourrit ce que je suis, ce que j'écris, et trouve donc une place légitime ici.
Ainsi donc je ne résiste plus à la tentation de dire un mot de Rome, la série en deux saisons (malheureusement pas davantage) produite par HBO et qui évoque la fin de la République et le début de l'Empire. Il y a chez les Anglo-saxons une étonnante décontraction par rapport à l'histoire romaine et cette série, qui emprunte sans s'en cacher à Shakespeare et à Mankiewicz, en est un nouveau témoignage.
Comme souvent lorsqu'il s'agit de construire une fiction à partir d'événements historiques, les scénaristes de Rome rendent compte de l'affrontement entre Pompée et César, entre Marc Antoine et Octave, sans s'écarter de la version communément admise des grands faits, et c'est dans les lacunes de l'Histoire, en explorant le domaine de l'intime et le monde des petites gens, qu'ils déploient toute leur fantaisie romanesque, sans vergogne et pour notre plus grand plaisir.
Mais ce qui représente à mes yeux la plus surprenante réussite de Rome, c'est qu'entre les personnages de fiction (Lucius Vorenus et Titus Pullo, inventés de toutes pièces pour aider le spectateur lambda à entrer dans l'Histoire), et les figures historiques, ce sont paradoxalement les secondes qui m'ont semblé les plus fragiles et les plus émouvantes : j'ai été littéralement fascinée par Ciaran Hinds dans le rôle de César ; Tobias Menzies m'a fait prendre conscience de l'humanité de Brutus ; quant à James Purefoy, qui interprète Marc Antoine, son charisme n'a rien à envier à celui de Brando.

1 commentaires:

charlotte a dit…

Ah, Rome... Un grand moment de bonheur... Et si j'ai adoré césar et Marc Antoine, j'ai un gros faible pour Pullo (je sais...) et Attia.