mardi 11 mars 2008

Fascinantes Lettres aux Ténèbres...


Autant l'avouer d'emblée, j'étais fascinée par ce livre bien avant de l'avoir entre les mains, bien avant, même, d'avoir une idée de son contenu : la sombre magie du titre et de l'illustration de couverture agissait déjà sur moi...
Fort heureusement (car le danger, lorsque l'attente est si forte, c'est évidemment la déception), le récit de Charlotte Bousquet tient toutes ces muettes promesses !
Cela tient, bien sûr, à l'écriture elle-même, à ce piquant mélange de lyrisme et de retenue, au charisme de personnages plus grands que nature, à l'intrigue au sens le plus classique du terme, et même au suspense dans une certaine mesure, à la référence subtile à La Recherche du temps perdu, mais certainement aussi, à l'art du non-dit habilement cultivé : certes, Lettres aux Ténèbres, très souvent, évoque les Chroniques d'Anne Rice mais, là où celle-ci fait le choix (diversement réussi) de la prolifération romanesque, Charlotte Bousquet prend le parti d'un drame intense, concentré et, pour l'essentiel, intérieur.
Dans la second partie de l'ouvrage, j'ai une tendresse particulière pour « Ballade du temps retrouvé », qui met en scène la figure de François Villon, mêlant des éléments fantastiques, historiques et policiers.
Je crois savoir que, d'ores et déjà, ce livre est un succès (en réimpression chez son éditeur Le Calepin Jaune) : cela est d'autant plus justifié qu'au-delà de ses qualités intrinsèques, il brille par son originalité dans l'histoire des récits vampiriques. Je salue donc le goût et la clairvoyance des lecteurs !

vendredi 7 mars 2008

Lire Horizon Motel...


Amie et lectrice assidue d'Estelle Valls de Gomis, je crois pouvoir dire qu'Horizon Motel (récemment paru au Calepin Jaune Éditions), est un livre singulier dans son itinéraire créatif.
Ce bel objet (format généreux, mise en page soignée) est en effet un livre-somme à divers égards...
Non seulement Estelle a trouvé à s'y exprimer librement à travers la photographie, l'illustration, la prose et la poésie, à travers, également, les langues française et anglaise qu'elle maîtrise parfaitement, mais elle saisit aussi l'occasion d'y convoquer aimablement, et comme si de rien n'était, les figures, les mythes et légendes, les artistes et les auteurs qui hantent son univers depuis toujours : de Dracula à Whitman, de Morrison à Dali, des roseraies de la vieille Europe aux déserts de l'Ouest américain...
L'ensemble marque donc une étape forte, une synthèse, en même temps qu'il ouvre la porte à de nouvelles pistes créatives.
Pour moi (qui ai eu le privilège de lire en avant-première quelques-unes des nouvelles ici proposées), la partie la plus touchante et la plus surprenante, c'est celle des poèmes : j'ai aimé ce mélange d'intimité et de sauvagerie, cette affinité avec la nature, les animaux, les paysages, les éléments, l'humanité qui s'en dégage, l'humour, l'omniprésence de l'amour, à la fois dans ses dimensions sensuelles et universelles... J'y ai trouvé l'écho d'une âme que je sais complexe et passionnée, d'un esprit curieux, épris d'authenticité, à la capacité intacte d'émerveillement... Chapeau !