
Plus une œuvre m’a touchée, plus il m’est difficile d’en parler.
Ce film-là est le seul qui m'ait jamais arraché des sanglots : on imagine à quel point il m'a été difficile de rédiger ce qui suit, et combien j'en suis mécontente, l'essentiel m'ayant évidemment échappé !
The Hours, c’est un long-métrage réalisé par un homme, Stephen Daldry, à partir du roman d’un autre homme, Michael Cunningham, et qui évoque les femmes, leur façon d’être au monde, de la manière la plus juste et la plus sensible.
C’est une rêverie autour de la féminité, de la maternité, de la création littéraire, de la mort, à partir d’un chef d’œuvre de la littérature, Mrs Dalloway.
C’est un récit qui entremêle la vie de Virginia Woolf elle-même (Nicole Kidman), saisie au moment de la rédaction de son roman, le destin de Laura Brown (Julianne Moore), une jeune mère de famille qui, dans les années 50, lit ce même roman, et l’existence, enfin, de Clarissa Vaughan (Meryl Streep), éditrice à New York en 2001, incarnation moderne de Mrs Dalloway.
C’est un film où les poètes choisissent la mort pour que d’autres vivent.
On a parfois dit de The Hours qu’il s’agissait d’un film d’actrices : les acteurs y sont pourtant bouleversants (Ed Harris en tête, qui interprète l’écrivain Richard Brown) au point de faire voler en éclat l’idée même de « rôle secondaire ».
Est-ce un chef d’œuvre, un bon film, ou simplement un film honnête ? Je n’en sais rien, et ça m’est parfaitement égal : pour moi l’émotion suscitée dépasse tout, et rend inopérants les outils habituels du commentaire esthétique/cinématographique.
Je n'ai toujours pas découvert si c'est en tant que femme ou en tant qu'auteur que j'ai été le plus bouleversée par ce film. Quoi qu'il en soit, j'ai envie de citer quelques mots, que prononce Richard Brown au sujet de sa propre création :
"I wanted to write about it all.
Everything that happens in a moment.
The way the flowers look when you carry them in your arms.
This towel - how it smells, how it feels...
its thread.
All our feelings - yours and mine.
The history of it.
Who we once were.
Everything in the world.
Everything all mixed up.
Like it's all mixed up now.
And I failed.
I failed.
No matter what you start up with, it ends up being so much less."
6 commentaires:
Décidément…
Je pleure souvent devant un film, quand l'intimité de la maison me le permet. Mais j'ai vu The Hours au cinéma. Et je n'avais pas l'excuse de la surprise: j'avais lu le livre, l'avais terriblement aimé, je savais donc exactement à quoi m'attendre. (Lis-le, Léonor, si ce n'est fait. Et aussi Mrs Dalloway… que tu connais sûrement, en fait, je suis bête…)
Mais j'ai pleuré comme cela ne m'était jamais arrivé. J'ai pleuré à violents sanglots, j'en suis sortie le visage ravagé, le maquillage dégoulinant sur mes joues.
J'ai pleuré aussi pour l'ami qui m'accompagnait au cinéma ce jour-là, et ressemble tant à Richard, eje pleurais aussi sa peine, et me reprochais de l'avoir emmené…
En tout cas, je n'ai pleuré ainsi devant aucun autre film.
Comme tu dis : décidément !
J'ai vécu à peu près la même chose : de violents sanglots qui ne veulent pas s'arrêter lorsque la lumière se rallume dans la salle, et qui sont encore là longtemps après, sur le chemin du retour... Mais je crois que je pleurais surtout sur moi-même : je me reconnaissais dans tous les personnages à la fois !
J'avais lu Mrs Dalloway bien avant mais, désormais, je ne peux plus le relire en faisant abstraction du film, c'est impossible !
Quant au livre (The Hours), je l'ai lu après et, curieusement, j'ai préféré le film...
Puisqu'on parle de pleurs, je vois que je ne suis pas la seule ...
Ce film m'a fait pleuré comme jamais aucun films avant(pourtant dieu sait que certain films ont pu me faire pleurer), en tout cas pas comme ça : à gros sanglots, secouée de spasmes pendant, aprés , toute la soirée et de façon pesante. Je n'étais plus émue, j'étais innondée :-) ; engluée aussi ... Une réaction physique extrème dont j'ai du mal à comprendre l'origine (qu'est ce qui a pu déclencher une telle réaction ...? ). Peu importe me direz vous ...
Curieusement, je ne saurai même pas dire si j'ai "aimé" ce film ...
Je crois même que je lui en ai un peu voulu sur le coup :-)
Bref il faudrait que je le revois plus sereinement (avec paquets de kleenex et tout et tout)
Oui, oui, je me souviens très bien que nous avions parlé ensemble de ces sanglots stupéfiants ! Une émotion violente et qui n'avait finalement plus rien de cinématographique...
Apparemment, le film a cet effet sur une certaine catégorie de personnes... que je ne me risquerais pas à définir :-)
perso j'ai beaucoup aimé ce film aussi, bien que je ne sois ni auteur ni femme. serait ce alors juste une histoire de sensibilité créative ?
Ah, une voix masculine, enfin :)
Ce film, c'est une oeuvre d'homme, ne l'oublions pas... et heureusement qu'il n'émeut pas que les femmes !!!
Enregistrer un commentaire