
Ce poème est de Saint-John Perse (Éloges, 1908) et je le pose ici pour Charlotte Bousquet, elle-même cavalière et poétesse.
J'ai aimé un cheval — qui était-ce ? — il m'a bien regardé de face, sous ses mèches.
Les trous vivants de ses narines étaient deux choses belles à voir — avec ce trou vivant qui gonfle au-dessus de chaque œil.
Quand il avait couru, il suait : c'est briller ! — et j'ai pressé des lunes à ses flancs sous mes genoux d'enfant...
J'ai aimé un cheval — qui était-ce ? — et parfois (car une bête sait mieux quelles forces nous vantent)
il levait à ses dieux une tête d'airain : soufflante, sillonnée d'un pétiole de veines.
("Cheval gris", Théodore Géricault.)
5 commentaires:
Merci léonor!
Il est très beau ce poème (et me touche d'autant que je viens de passer dix jours avec le mien, de cheval)!
Oh que j'aime St John Perse !
Etrange fut la nuit où tant de souffle s'égarèrent au carrefour des chambres…
Et qui donc avant l'aube erre aux confins du monde avec ce cri pour moi ? Quelle grande fille répudiée s'en fut au sifflement de l'aile visiter d'autres seuils, quelle grande fille malaimée,
A l'heure où les constellations labiles qui changent de vocable pour les hommes d'exil déclinent dans les sables à la recherche d'un lieu pur ?
Partout-errante fut son nom de courtisane chez les prêtres, aux grottes vertes des Sibylles, et le matin sur notre seuil sut effacer les traces de pieds nus, parmi de saintes écritures…
De rien, Charlotte... En lisant ce poème, j'ai justement pensé à ton cheval et à ce que tu m'en as si joliment dit...
Oh, Alba, dis-moi où je peux retrouver ce beau poème, que je ne connais pas, ou que j'ai oublié ?
Il vient d'Exil (c'est un extrait d'extrait).
Alba à ton service (et ravie de l'être)
Oh, merci, mille fois merci !
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