jeudi 29 janvier 2009

The Hours


Plus une œuvre m’a touchée, plus il m’est difficile d’en parler.
Ce film-là est le seul qui m'ait jamais arraché des sanglots : on imagine à quel point il m'a été difficile de rédiger ce qui suit, et combien j'en suis mécontente, l'essentiel m'ayant évidemment échappé !

The Hours, c’est un long-métrage réalisé par un homme, Stephen Daldry, à partir du roman d’un autre homme, Michael Cunningham, et qui évoque les femmes, leur façon d’être au monde, de la manière la plus juste et la plus sensible.
C’est une rêverie autour de la féminité, de la maternité, de la création littéraire, de la mort, à partir d’un chef d’œuvre de la littérature, Mrs Dalloway.
C’est un récit qui entremêle la vie de Virginia Woolf elle-même (Nicole Kidman), saisie au moment de la rédaction de son roman, le destin de Laura Brown (Julianne Moore), une jeune mère de famille qui, dans les années 50, lit ce même roman, et l’existence, enfin, de Clarissa Vaughan (Meryl Streep), éditrice à New York en 2001, incarnation moderne de Mrs Dalloway.

C’est un film où les poètes choisissent la mort pour que d’autres vivent.

On a parfois dit de The Hours qu’il s’agissait d’un film d’actrices : les acteurs y sont pourtant bouleversants (Ed Harris en tête, qui interprète l’écrivain Richard Brown) au point de faire voler en éclat l’idée même de « rôle secondaire ».
Est-ce un chef d’œuvre, un bon film, ou simplement un film honnête ? Je n’en sais rien, et ça m’est parfaitement égal : pour moi l’émotion suscitée dépasse tout, et rend inopérants les outils habituels du commentaire esthétique/cinématographique.

Je n'ai toujours pas découvert si c'est en tant que femme ou en tant qu'auteur que j'ai été le plus bouleversée par ce film. Quoi qu'il en soit, j'ai envie de citer quelques mots, que prononce Richard Brown au sujet de sa propre création :

"I wanted to write about it all.
Everything that happens in a moment.
The way the flowers look when you carry them in your arms.
This towel - how it smells, how it feels...
its thread.
All our feelings - yours and mine.
The history of it.
Who we once were.
Everything in the world.
Everything all mixed up.
Like it's all mixed up now.

And I failed.

I failed.

No matter what you start up with, it ends up being so much less."

mercredi 28 janvier 2009

The Dancer


Comment bien débuter cette année, sinon par la musique ?

Certains morceaux ont traversé une décennie ou deux avec moi, intacts, intemporels, impeccables. "The Dancer" est de ceux-là...
Je voudrais le dédier à quelques belles rencontres, datant de ces dernières années ou de ces derniers mois, et qui me donnent envie de dire : merci à vous d'exister...

He came riding fast like a phoenix out of fire flames
He came dressed in black with a cross bearing my name
He came bathed in light and the splendor and glory
I can't believe what the lord has finally sent me

He said dance for me, fanciulla gentile
He said laugh awhile, I can make your heart feel
He said fly with me, touch the face of the true God
And then cry with joy at the depth of my love

'Cause I've prayed days, I've prayed nights
For the lord just to send me home some sign
I've looked long, I've looked far
To bring peace to my black and empty heart

My love will stay 'till the river bed run dry
And my love lasts long as the sunshine blue sky
I love him longer as each damn day goes
The man is gone and heaven only knows

'Cause I've cried days, I've cried nights
For the lord just to send me home some sign
Is he near ? is he far ?
Bring peace to my black and empty heart
So long day, so long night
Oh Lord, be near me tonight
Is he near ? is he far ?
Bring peace to my black and empty heart.

Polly Jean Harvey, "The Dancer", in To Bring You My Love, 1995.
Cette fille n'est pas de ce monde : une fée, certainement... même si elle ressemble plutôt à une belle sorcière !