dimanche 29 mars 2009

J'ai aimé un cheval...


Ce poème est de Saint-John Perse (Éloges, 1908) et je le pose ici pour Charlotte Bousquet, elle-même cavalière et poétesse.

J'ai aimé un cheval — qui était-ce ? — il m'a bien regardé de face, sous ses mèches.
Les trous vivants de ses narines étaient deux choses belles à voir — avec ce trou vivant qui gonfle au-dessus de chaque œil.
Quand il avait couru, il suait : c'est briller ! — et j'ai pressé des lunes à ses flancs sous mes genoux d'enfant...
J'ai aimé un cheval — qui était-ce ? — et parfois (car une bête sait mieux quelles forces nous vantent)
il levait à ses dieux une tête d'airain : soufflante, sillonnée d'un pétiole de veines.

("Cheval gris", Théodore Géricault.)

In the Mood for Love...


Tout est dans le titre...

Parfois, je me demande si des ralentis langoureux, des frôlements, des regards et des silences, si des acteurs magnifiques magnifiquement éclairés, une musique lancinante et de vertigineux plans fixes suffisent à faire un film. À cause de ce film-là, je suis tentée de répondre : oui.

La plus belle séquence, c'est peut-être la dernière, où un homme confie à la pierre d'un temple le secret de sa vie, sous le regard d'un enfant-moine...



Je corrige a posteriori mon commentaire qui prête au malentendu : In the Mood for Love n'est certainement pas, comme je semble le suggérer, un film simplement esthétisant, c'est une histoire très belle, mais dont les principaux événements sont savamment occultés, relégués dans le silence, hors champ, "en creux"... Peut-être Wong Kar Wai souhaite-t-il nous rappeler que l'essentiel d'une histoire n'est pas dans les faits eux-mêmes, mais dans ces imperceptibles déflagrations qu'ils suscitent en chaque être sensible ?

Parution de l'anthologie « L »


L'anthologie « L » dirigée par Charlotte Bousquet dans la collection Pueblos est actuellement en souscription sur le site de CDS Éditions. Elle réunit des textes réalistes, merveilleux ou fantastiques évoquant la condition des femmes, d'Orient en Occident, de passé mythique en présent à vif. J'ai eu la chance de la lire en avant-première pour en rédiger la préface, ce qui m'a permis de retrouver avec plaisir quelques voix familières (Lucie Chenu, Estelle Valls de Gomis, Justine Niogret, Nathalie Dau...), mais surtout de découvrir certains auteurs que je ne connaissais pas, et parmi lesquels M.B. Cras et Jean-Michel Calvez m'ont particulièrement touchée.

Là-bas. En enfer. On Hell.
Trahies, asservies, meurtries.
On leur a brisé les ailes.
Là-bas. En enfer. On Hell.
Pas si loin d’ici. Tout près, parfois. Si près.
Entravées. Mutilées. Violées.
On leur a volé leur vie.
Des ailes. Pour Elles. On Hell.
Pour qu’elles s’enfuient. Pour qu’elles s’envolent. Pour qu’elles soient libres.
Enfin.
« L ». Elle(s). Hell. Aile(s). Trois mots contenus dans une simple lettre. Trois mots pour signifier l’horreur, le combat, la liberté, l’indépendance, aussi. Trois mots, une infinité d’univers, d’histoires et de contes sur les femmes, pour les femmes…
« L » - « L » comme liberté, lumière et lyrisme ; « L » comme louve, lune et Leto…
« L », premier ouvrage de la collection Pueblos, parution en avril 2009.
Droits reversés à : Association Aurore - La maison Cœur de femmes.