
Ce poème est de Saint-John Perse (Éloges, 1908) et je le pose ici pour Charlotte Bousquet, elle-même cavalière et poétesse.
J'ai aimé un cheval — qui était-ce ? — il m'a bien regardé de face, sous ses mèches.
Les trous vivants de ses narines étaient deux choses belles à voir — avec ce trou vivant qui gonfle au-dessus de chaque œil.
Quand il avait couru, il suait : c'est briller ! — et j'ai pressé des lunes à ses flancs sous mes genoux d'enfant...
J'ai aimé un cheval — qui était-ce ? — et parfois (car une bête sait mieux quelles forces nous vantent)
il levait à ses dieux une tête d'airain : soufflante, sillonnée d'un pétiole de veines.
("Cheval gris", Théodore Géricault.)

