
Étrange état de l'âme au retour des vacances : plusieurs soirs de suite, tous les livres me tombent des mains. Découragée, je choisis finalement de me promener au hasard dans le Journal de Kafka, et quelques phrases, belles et simples, ont enfin la force de me retenir, de me remuer :
Quand je dis quelque chose, cette chose perd immédiatement et définitivement son importance, quand je la note, elle la perd toujours aussi, mais en gagne parfois une autre.
(3 juillet 1913)
L'effet produit par un visage paisible, par des propos calmes, surtout quand ils viennent d'une personne étrangère que l'on n'a pas encore pénétrée. La voix de Dieu sortant d'une bouche humaine.
(20 décembre 1913)
Allez, ouvre-toi. Que l'être humain sorte.
Aspire l'air et le silence.
(13 juillet 1916)
Beaucoup d'autres choses, beaucoup plus douloureuses, sur lesquelles je n'ai pas eu le désir de m'attarder.
